La toxicomanie du gras

La science de la dépendance. De quelles dépendances s’agit-il ? Je vous donne la fin de sa liste : « [...] la nicotine, l’héroïne, l’alcool et les aliments gras. »

Jours maigres, jours gras
L’Occident, pendant près de deux millénaires, a évolué en se soumettant à un système de jeûnes hebdomadaires (le mercredi et le vendredi) et saisonniers (le carême et l’avent), au cours desquels on ne mangeait pas de viande, on ne buvait pas d’alcool et on ne prenait pas de dessert. C’était, selon l’expression consacrée, « jour maigre ».

Puis notre société a fait éclater toutes les restrictions et tous les tabous alimentaires. Et depuis les années 50, c’est mardi gras toute l’année ! On mange tant d’œufs, tant de viande, tant de lait, tant de fromage, tant de crème, tant de fritures, tant de pâtisseries, tant de sucreries que chaque jour, de 40 % à 45 % de nos calories proviennent des graisses et 20 %, des sucres raffinés.
Mais on l’avoue enfin : mardi gras, ça ne peut pas durer tout le temps. On en tombe malade. Vraiment malade. Malade à perdre le goût de vivre.

Le gras : le prochain tabac ?
Dans les années 70, un médecin français, le Dr Christine Flament-Hennebique, faisait une déclaration choc : « Le besoin du gras et du sucre est une toxicomanie exactement comme le tabac ! »
La dépendance du sucre1, nous en avons déjà parlé. Mais le gras ? Une toxicomanie ?

Plusieurs études ont démontré qu’un apport excessif en graisses – plus de 20 % des calories totales –, doublé d’une inactivité physique après les repas, favorisait l’accumulation et la stagnation des corps gras dans le sang. Cette accumulation des corps gras dans le sang provoquait alors une altération de la charge électrique des globules rouges, les transporteurs de l’oxygène et du glucose, et entraînait un phénomène grave, appelé agglutination, au cours duquel les globules rouges se raidissent et se collent les uns aux autres en masses irrégulières qui ne peuvent plus se dissocier et qui obstruent les capillaires. Ce phénomène provoque un ralentissement sérieux de la microcirculation sanguine, une carence importante, dans les tissus, en oxygène, en glucose et autres nutriments, et une dégradation hâtive des globules rouges.

Selon les spécialistes de la question, cela est nocif pour la rate, le filtre le plus sensible aux déformations du globule rouge; pour le cœur, si facilement affecté par les troubles de la circulation sanguine; pour les cellules, où la carence en oxygène est une cause déclenchante du cancer; et cela contribue à l’anémie. Cependant, l’organe où ce ralentissement de la microcirculation a les effets immédiats les plus dévastateurs est sans contredit le cerveau, qui consomme 25 fois plus d’oxygène et 30 % plus de glucose que toutes les autres parties du corps et dont la sensibilité à la moindre carence est extrême.
Serait-on maintenant proche de comprendre comment et pourquoi « le besoin du gras » constitue « une toxicomanie exactement comme le tabac » qui, lui aussi, prive le cerveau d’oxygène ?

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